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lundi, 27 mars 2017
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Moustapha Diakhaté #  » Me El Hadj Diouf en tant qu’avocat ne peut pas se constituer pour Khalifa Sall »

Moustapha Diakhaté #  » Me El Hadj Diouf en tant qu’avocat ne peut pas se constituer pour Khalifa Sall »

iGFM – (Dakar) Le président du groupe parlementaire « Benno Bokk Yakaar », Moustapha Diakhaté revient dans cet entretien accordé à IGFM sur l’affaire Khalifa Sall, Bamba Fall et Barthélémy Dias, les responsables de l’Apr épinglés par l’OFNAC et apporte la réplique à Me El Hadj Diouf.

 

L’actualité politique brûlante est le placement sous mandat de dépôt du maire de Dakar, Khalifa Sall, comment appréciez-vous cette situation ?

C’est une situation déplorable pour un homme d’une si grande importance, qu’il soit mis sous mandat de dépôt surtout pour les faits qu’ils lui sont reprochés. Qui à mon avis scandaleux. Un maire de surcroît de la capitale du Sénégal, qui se permet de recourir à du faux pour pomper les deniers de la ville et alimenter une caisse d’avance. C’est un véritable scandale.

Un scandale d’autant plus que cette caisse existe depuis 1987 pour la première fois par le maire Mamadou Diop. Cette caisse n’existe pas depuis 1920 comme l’a dit Khalifa Sall. Mamadou Diop l’a utilisé jusqu’à son départ. Quand Pape Diop l’a remplacé. Il a maintenu la caisse d’avance.

L’Inspection générale d’Etat (IGE) du temps de Pape Diop avait constaté que le montant était un peu exhorbitant et avait demandé à ce qu’il soit revu à la baisse jusqu’à 30 millions FCFA.

Khalifa Sall n’est pas poursuivi à cause de la caisse d’avance ou des fonds politiques (parce que les fonds politiques n’existent pas. Ce sont des comptes spéciaux. Les mairies n’en ont pas).

Ce pour lequel il est poursuivi, il a pompé des deniers publics sur la base du faux avec de fausses factures, de fausse commandes, de fausses livraisons, de fausses réceptions qu’il présentait au payeur municipal pour prendre chaque 15 jours 15 millions FCFA pour les mettre ses poches. C’est un scandale.

L’autre scandale lié à la bonne gouvernance, en même qu’il est ordonnateur de la caisse d’avance, il s’est transformé en même en comptable de cette même caisse. Parce qu’il a dit que c’est lui qui gardait par devers lui cet argent. Voilà un double scandale qui ne fait pas honneur à la démocratie sénégalaise et à la capitale du Sénégal. On ne peut pas le soutenir, parce que la République ne pas laisser passer ce qu’il a fait.

Me El Hadj Diouf, un de ses avocats, vous a cité parmi les personnalités qui ont eu à bénéficier de cette caisse d’avance. Qu’est-ce que vous répondez à cela ?

C’est un absurdité. Khalifa Sall n’est pas poursuivi parce qu’il a donné de l’argent à X ou à Y. Il a été poursuivi parce qu’il a fait du faux.

Me El Hadj Diouf veut faire dans l’esquive. Il veut camoufler le débat par rapport à la question de fonds. La question de fond, est que Khalifa Sall a fait du faux. C’est pour cela qu’il est poursuivi.

L’autre élément qui est faux, est que Me El Hadj Diouf en tant qu’avocat ne peut pas se constituer pour Khalifa Sall. Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale le lui interdit. Donc nous avons en face un double faussaire. Je ne réponds pas à ces genres d’âneries. Cela ne eut rien dire.

Certains assimilent l’arrestation de Khalifa Sall a un règlement de comptes politiques ?

Les faits sont sacrés. S’il y a un acharnement contre Khalifa Sall, ce sont ces fausses factures, livraisons, réceptions.  Ce n’est pas Macky Sall qui a inventé ces fausses factures. Khalifa Sall doit s’en prendre à lui-même. Il a fait du faux. C’est une première dans l’histoire du Sénégal.

Ce qu’il a fait, il est le seul à l’avoir fait depuis 1960. Le maire d’une capitale se permet de mettre sa signature sur du faux papiers, de fausses factures pour prélever de l’argent municipal. C’est un cas unique dans l’histoire du Sénégal. Cela doit être traité avec toute scélérité. C’est pourquoi j’encourage le gouvernement par rapport à ce qu’il a fait. J’encourage la Justice à aller le plus loin possible pour que de pareilles pratiques ne se renouvellent plus dans notre pays.

C’est quand même une coïncidence trouble qu’au moment où un de ses lieutenants, le maire Bamba Fall est en prison qu’il soit aussi arrêté en attendant l’arrivée de l’autre lieutenant Barthélémy Dias ?

Ce qui doit vous troubler, c’est que comment Khalifa Sall peut s’entourer de personnes aussi infréquentables. Quelqu’un qui se permet de recruter des nervis pour saccager le siège de la Maison du Parti socialiste (Ps). Quand Khalifa Sall se permet de s’entourer de quelqu’un qui a commis un crime qui l’a même revendiqué. Le problème ce n’est pas la Justice, c’est que Khalifa s’entoure de personnes aussi infréquentables, qui font des pratiques les moins recommandables en terme de faux pour prélever de l’argent municipal.

Le problème, ce n’est pas Macky Sall. On a affaire à un groupe de personnes, qui constitue un danger pour la République. Moins on les laisse en liberté, mieux ça vaut.

Dans le camp présidentiel, il y a des personnalités qui ont été épinglés par l’Ofnac. Curieusement ils n’ont pas été inquiétés ?

Quand le rapport de l’Ofnac était sorti, ce que j’avais dit c’est que toutes les personnes qui étaient épinglées devaient répondre devant la Justice. Ce n’est pas à elles de nous dire qu’elles sont propres, ce n’est pas à nous de dire qu’elles sont propres.

J’exprime un voeu pour qu’on installe dans ce pays ce qu’on appelle en France la jurisprudence Jospin. Au Sénégal on peut l’appeler la jurisprudence Mamadou Seck. Lorsqu’un acteur public est incriminé par l’Ofnac, l’IGE, la Cours des comptes, la première chose à faire c’est de démissionner ou d’être démis.

Si son honneur est lavé, il peut revenir pour reprendre ses activités. C’est le cas de Mamadou Seck (Ndlr: ancien président de l’Assemblée nationale) quand il a été incriminé, il a démissionné. Il est revenu pour devenir plus tard, le président de l’Assemblée nationale.

C’est cette formule-là que nous devons utiliser. Ca permet au président de la République d’être couvert. Cela éviterait de dire que c’est le président de la République qui couvre certaines personnes.

Avec les lenteurs de la justice, cela peut l’impression qu’on a une justice sélective. Ce n’est pas le cas. Le procureur a été clair. Toutes les personnes qui ont été épinglées soit par la Cours des comptes, l’Ige ou par l’Ofnac, leurs dossiers seront transmis et traités. Mieux  ça va vite, mieux ça vaut pour la République.

Allez-vous faire une proposition de loi dans ce sens ?

Je pose le débat. Je pense que d’ici la fin de la législature, ce n’est pas possible. Un acteur public qui est épinglé par les outils de contrôle mis en place par la République, ces gens doivent être démis et aller faire autre chose en attendant que leur honneur soit lavé. (A suivre)

 

Harouna FALL

 

 

Un commentaire

  1. Seul un lébou peut faire ça. Car les lébous sont des gens d’honneur.

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